Tu as devant toi la nuit, là luit devant toi la liberté, aimantée par les constellations boussoles.
Dans cette barque, le café chaud des terrasses à venir est encore un peu salé.
Qu’une question de jours, qu’une poignée d’heures.
Un rivage, un hélicoptère.
L’urine et le sang dérèglent la pudeur mais réchauffent les pieds quand même.
Le téléphone, tu le tends au plus près du ciel, pour attirer les satellites, édifier un phare, Alexandrie, entre la lune et la mer, ou que Dieu jette un œil à bord.
Et coincé entre tous ces corps pas encore morts, il ne reste qu’un trou, un petit trou pour regarder là-haut, ô merveilleux belvédère.
vendredi 30 décembre 2016
jeudi 29 décembre 2016
Septentrion a un an
Nos têtes blondes et leurs yeux grand bleu,
en apnée, mais en train de couver,
mes mots mes mots
Je les laisse chauffer à feu doux
Ce n’est que souffle inspiré à plein poumons depuis des mois.
Mais tu vois, je t’écris
Depuis que tu es là
toi nom d’Inuit, voyage à l’Alaska, bras tendus
maman maman
tu m’appartiens comme on enserre les astres.
Le ciel est une houle que je n’ai pas voguée depuis tant.
Nord magnétique -> les chemins noirs et la disparition des bulletins longues ondes.
Dimanche soir, en guise de conte, à 20h03 : Iroise, Mer d’Irlande / Brise de noroît / Mère peu agitée à agitée.
Je te les dirai.
À tes un an, à tout ce que tu rêves, à nous que tu as réveillés aux quêtes froides et vitales de l’Orion à Thulé.
en apnée, mais en train de couver,
mes mots mes mots
Je les laisse chauffer à feu doux
Ce n’est que souffle inspiré à plein poumons depuis des mois.
Mais tu vois, je t’écris
Depuis que tu es là
toi nom d’Inuit, voyage à l’Alaska, bras tendus
maman maman
tu m’appartiens comme on enserre les astres.
Le ciel est une houle que je n’ai pas voguée depuis tant.
Nord magnétique -> les chemins noirs et la disparition des bulletins longues ondes.
Dimanche soir, en guise de conte, à 20h03 : Iroise, Mer d’Irlande / Brise de noroît / Mère peu agitée à agitée.
Je te les dirai.
À tes un an, à tout ce que tu rêves, à nous que tu as réveillés aux quêtes froides et vitales de l’Orion à Thulé.
jeudi 10 décembre 2015
quote
Lisa !! Rappelez-vous donc le spectacle qu’offrait l’humanité ! La culture ?! : un homme sur mille était porteur de culture ; un sur cent mille créateur de culture ! : la moralité ?: hahaha !: que chacun examine sa conscience et prétende après cela qu’il n’est pas mûr pour la potence ! Elle approuva d’un signe de tête, immédiatement convaincue. « Ah oui ; la boxe, le football, le loto : là les guibolles s’activaient ! – Et pour les armes, ils étaient champions ! » - « Quels étaient les idéaux d’un jeune homme : coureur automobile, général, champion du monde de sprint. D’une jeune fille : star de cinéma, "créatrice" de mode. Des hommes : être propriétaire d’un harem et devenir directeur. De la femme : l’auto, une cuisine électrique et qu’on l’appelle « Madame ». Des vieillards : homme d’État -» L’air me manqua.
Arno Schmidt - Miroirs Noirs
lundi 30 novembre 2015
Avent
grandes oreilles ouvertes aux loups de la nuit.
génération perdue,
nous sommes la manne de ce monde.
Nos filles diront ce qu'elles ont vu.
génération perdue,
nous sommes la manne de ce monde.
Réveil incendiaire,
Préparez-vous, peuple sans houle,
que se dressent les larmes et les sphères,
dantesques et carême,
la queue des loups sans steppes.
Nous muons, huons, nous mutons,
nous croyons à tout ce qui fait naître la mer.
nous croyons à tout ce qui fait naître la mer.
Emplir emplir de tout ce qui s'efface les grands barrages,
la félicité court à grandes enjambées juste après le chaos.
la félicité court à grandes enjambées juste après le chaos.
Nous nus péris de glaises noueuses.
Nous vaincrons, nous, juste après la mort.
Nos filles diront ce qu'elles ont vu.
vendredi 27 novembre 2015
ce que parler veut dire
"Un mot, n'importe lequel, se présente comme un faisceau et le sens, au lieu de se concentrer en un point donné, se projette dans diverses directions. En prononçant "soleil", nous effectuons une sorte de voyage immense dont nous avons une telle habitude que nous le parcourons comme en rêve. Ce qui distingue la poésie de la parole machinale, c'est que la poésie justement nous réveille, nous secoue en plein milieu du mot. Ce dernier se révèle alors à nous d'une étendue bien plus vaste que nous ne l'imaginions, et nous nous souvenons soudain que parler veut dire : se trouver toujours en chemin. "
Ossip E. Mandelstam - Entretien sur Dante
Ossip E. Mandelstam - Entretien sur Dante
mercredi 25 novembre 2015
mardi 24 novembre 2015
Acmée un soir
L'avion-torche s'est éparpillé. Caméra.
Pas une image invendue, non consommée.
Le bus et boum, broyant brûlant mâchant lunes et étoiles, encore le feu
Et pas de crainte, tout est pardonné, commenté.
Il y aura les perdus, les tranchés, les tranchées, les perdants, les foutus, les perses et les trahis, les blessés, les cagoules, les jappements laids.
Et dans quel monde se sont enfouis Aladin et les lèvres incendies d'Azyadé ? Les cocardes et les cocardières aux beaux seins découverts ?
Est-ce l'appel à l'Hypnos, à regarder en face ?
Il n'y aura donc jamais assez de poèmes pour que Joséphine n'ait à pleurer de ses yeux de clairière que les amours perdues et les pays imaginaires.
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