mercredi 25 novembre 2015



Orate fratres, Oreste frère des dieux, les deux. 
C’est-à-dire prière et tragédie. 
Tant que les âmes sont fortes et le désir d’amour insatiable.
Chaque matin, chaque soir. 
Et vivre, entre les deux, à la dictée de ces cieux inversés.

mardi 24 novembre 2015

Acmée un soir

L'avion-torche s'est éparpillé. Caméra.
Pas une image invendue, non consommée.
Le bus et boum, broyant brûlant mâchant lunes et étoiles, encore le feu
Et pas de crainte, tout est pardonné, commenté.
Il y aura les perdus, les tranchés, les tranchées, les perdants, les foutus, les perses et les trahis, les blessés, les cagoules, les jappements laids.
Et dans quel monde se sont enfouis Aladin et les lèvres incendies d'Azyadé ? Les cocardes et les cocardières aux beaux seins découverts ?
Est-ce l'appel à l'Hypnos, à regarder en face ?

Il n'y aura donc jamais assez de poèmes pour que Joséphine n'ait à pleurer de ses yeux de clairière que les amours perdues et les pays imaginaires.

lundi 23 novembre 2015

le pétale de ta joue



Le premier, avant tous les suivants, chaque jour.
L’éternel premier, celui que l’on n’attendait plus,
Si quelqu’un d’autre que moi l’attendait. 
 
Le premier aura, c’est certain, la teinte argentée du saule,
Ressemblera à la nuit passée où nous l’avons couchée pour nous retrouver.
Le premier visera comme nos mots d’amour à revenir chaque jour.


Il n’aura goût ni de sang ni d’or
Car l’or ne sent rien et le sang que le sang
Il aura goût de toi, la première, qui ries au soir de mon retour.


Touche l’air de la nuit et dessine les sentiers blancs. 
Ce sont eux qui accueilleront tes pas  
Devenue femme, tu te souviendras qu’il y eut un premier,
Si insignifiant, si plein de l’amour de ton père.

mercredi 27 août 2014

à la racine


A la racine, sous terre, là où naître n’est pas encore visible aux yeux, aux oreilles, aux doigts. En contrepoint, les poissons chantent depuis le grand lac presqu’indien. To a deeper mystery. Faire face aux vies à féconder.

Au fil des ondes lentes, où, la moindre goutte tombée résonne des nuits entières, des ondes entrechoquées pourraient attirer les poissons et les faire chanter.

La peur noire, leur peau, noire, ainsi que le sol où demeure fixe, inarrachable, la racine. Collé à la terre, je suis un indien des plaines, j’écoute l’eau du lac fécondée du chant des poissons. Un rêve, un lac, ne naît pas, ne meurt pas. 


jeudi 17 juillet 2014

Tue-dada !


Ce qui empêche le poème d’être lu : le temps de la répétition et de l’imprégnation. 
Devoir assigné au simili poème : bouleverser immédiatement, prendre à la gorge, émotionner, commotionner, plutôt qu’attendre, qu’entendre. Deux instants. Deux pauses. Reprenons. Souriez. Sauriez-vous dire un poème ?

"Il revient des lots de mots dans le dos, etc."
"Par les villages, j’ai suivi la trace du veilleur qui dépose l’aube, etc."

Rien n’est neuf, rien n’est révolution. Ou tout au plus, le sang et la confusion.  Mais pas de progrès. aucun, jamais. Les mots, la polis sont des grands-pères puants, oubliés, puis retrouvés bébés baveux des siècles plus tard. Cracheurs de glaires, morveux, merdeux, ils se croient neufs et nous les croyons purs et vierges, avant que leur haleine de vieux pestilentiels ne revienne nous souffler les vers vieux les slogans la harangue la haine.

Alors si nous sommes poètes vraiment, nous ne pouvons faire autrement que parler pour nous, trop honteux à l’idée d’être lus. Et ce n’est qu’en cachant la poésie au plus enfoui des enfouissements que pourront naître, pour une seconde, la nécessité d’un poème, et les yeux des gens.

lundi 3 mars 2014

La nuit d'aspic

La nuit d’aspic, la louve, la mare d’astringence : laquelle compte ?

Le texte est la naissance de l’autre espace, le commencement des résonances, qu’elles s’épanouissent en fragments, qu’elles charpentent le temps nouveau.


Cela posé, par quel biais le mot et le sens pénètrent-ils la résine de l’âme, se fondent-ils dans la sève de l’être ? 
Est-ce le spectaculaire, l’impressionnant, le sang chaud du poème, la grandeur de l’esprit, l’hugolien ou l’héroïsme de l’insignifiant, de ses marelles invécues, minuscules.
Entre les possédés et les saints. 

mardi 1 octobre 2013

Dents de sabre

Poésie en cristaux,
dent de tigre, ombres tracées 
comme au crayon de bois.

Poésie comme agrégat de mots 
entendus et rapportés d'autres
souffrants ou tremblants.

Poésie en dent de sabres, ombragée par degrés,
pointue,
à la fin de la nuit transperçant le sable.

dessin Josèphe