mercredi 5 mai 2010
Bien avant l'été
Dans la grande matinée de Provence, je repense au nu de Gordes et me tiens les yeux pour ne pas en pleurer. A côté de la femme au corps d'Ingres se couvrant le visage d'eau, voici venir le petit homme prenant la course d'élan pour lancer l'avion.
Dans cette Provence de source et d'avant-saison, je suis assis en noir et blanc, repensant sur l'osier de mon siège à toutes ces choses qu'on ne s'est pas dites.
Les choses qui remplissent les cafés des matins de mai, les Choses de la Vie, les choses qu'on affiche au frigo, les choses qui s'entassent sur le matelas de mousse, la couverture de drap et le sommier trampoline, les choses qui faisaient pleurer tes yeux si je partais trop longtemps.
Les choses que disent les photos de Ronis, l'Ecume des Jours relu en été. Les choses que je voulais te dire dans un baiser de Midi.
mardi 4 mai 2010
Luire
Ne serait-ce qu'un chant
Qu'une poudre à tes yeux
Qu'un phare au clignement de
Tes paupières bleues
Où l'eau prend le large
Et les fils d'Adam croquent
De leurs dents la peau des femmes
D'orge
Luire,
Ne serait-ce que l'hymne
Où les peuples se tenant le cœur
Ne savent plus que toi
A en perdre le nord
Luire,
Une histoire dite au sommeil,
Langue de nuit,
Tu cherchais alors mes bras
C'était l'heure où nous ne pensions pas
Regarder par la peau,
Les yeux, les yeux clos,
J'y voyais en faisceaux briller ce qui ne passe pas
Les chants sérères, les ballades de Cork
Les palais de Petersbourg
Et même les pierres alunies
Rallumeront chaque fois les phares
Les hymnes, les palpites
Et même les comètes que les âges ont ternies
dimanche 18 avril 2010
Remue-ménage
Reviendront les jours où ce sont les étoiles meme qui te laveront la tete.
Et viendra le jour où la femme à l'amour partagé te passera l'eau froide au creux des épaules.
Laissant à portée de tes doigts sa peau de rousseur et de sable.
Tu sais, les dunes.
samedi 10 avril 2010
Amorce
Le mot valise permettant d'entamer tout voyage
Regardez bien tout ce qu'il dit
Jusqu'au signal
lundi 8 février 2010
jeudi 28 janvier 2010
mardi 26 janvier 2010
L'ancre à ton oreille
Sous ton oreille l’océan a pris rivage,
Dans ce creux doux, il prépare les traversées de la nuit,
Dans les forêts de sel et les bars où j’ai cessé de te chercher
Sous ton oreille, la mer a pris racine
Je revois les errances rêvées des pleines nuits à gîter des années entre nous
Les années, agitées à la hune, gonflées des tonnes de tasses que je bus en veillant.
Que je bus sans cracher. Que je bus en dormant.
Rouleaux de boucles rousses à tes oreilles
Etouffant par à-coups ce que l’encre a gravé sous ta peau
Je rêve bien des jours à ce jour qui me rapprocherait
Du calme d’un port roulant sans tanguer
Fermement amarré, firmament doux de lait
Sans ancre et sans danger
Mais sans toi, tu le sais, je m’ennuie
Que valent les fièvres des cargos sans la nuit ?
Photo Williwan
