mardi 19 septembre 2017

Pour un soir être Alberto Caeiro


Pour les sans-troupeaux, les sans-mots, apporteur de rayons.
Je veux décrocher des branches à allumer le ciel,
Tourner le dos aux superbes par la seule beauté souvenue.
Je veux, du monde autour des roches,
la beauté, les pas et la peau chaude
De Lisbonne au couchant.

Jour sans


Constante tension du fil noué des regrets
Ou ville ou champ. Ou lutte ou lux.

mercredi 9 août 2017

Le dessin des lunes

Par un passage étroit,
Le son de tes mots s’immisça.
Mots coulés et fondus, mots de bronze,
M’appelant à n’attendre rien des autres et tout de toi.
 

Par un reflet, par un globe,
Par un chemin comme par son détour,
Tout revient à toi, à la fillette de cuivre, à celle d’acacia, tout revient à toi.


Renverse-moi, insurge-moi que je secoue les mille dunes éclipsées de mes jours.
Ranime les houles qui me rendaient précieux aux yeux de l’Armor et de ses rives de plomb
Ramène-moi Hobart, ramène-moi Illiec, raconte-moi les jours et leurs travaux,
Aspire le venin des lassitudes assises et des repos inutiles
Trace au crayon gras le contour des lunes mille fois scintillées par la nuit.

L'ordre des choses

La première intuition était la bonne :
Il fallait dans cette vie mêler la sueur à la tranquillité.
L’odeur à l’ennui
Sans cesse sauter et désirer sans cesse sauter de l’un à l’autre

Osciller
Pour ne pas voir ainsi passer le temps.
Il fallait s’oublier comme on oublie les jours
Qui, terribles ou rassurants, n’avaient rien de plus à dire qu’une pièce sans lecteur et sans feu.

mardi 25 juillet 2017

Mer de sel

À la dévente, aux coups de tabac, aux roches, à la gîte 
Sous le regard cyclope du phare en brumes  
Je tombais, je suis tombé
A la mer,
A la bouée coulée

À mille lieues sous la mer
Le sel de ta bouche exhausse le niveau des océans
Pétrifie
Sanctifie
Ressucite 
Venue
Feu
J'aime tes seins, j'aime tes baisers sur la langue allumée

Nous sommes le sel
Nous sommes
Les talents enfouis, les cités dérobées, 
Les airs de flûte qu’en la nuit celte
Le ventre d’Edinburgh fait ricocher. 

Sacré par toi, sous l'ohé des derniers souffles, je suis.
Je deviens, sans ta foi, le regret d'être encore toujours là
Me demander, sans même défier le vent,
Qui se cache sous le roc,
Du poème ou du linceul.